Est-ce dû au vent? / (Is it due to the wind?)

Il est temps de se pencher sur la croissance en hélice, un phénomène fascinant qui reste encore énigmatique, même si certaines observations permettent de formuler quelques explications théoriques. Pour vous en faire part, je me réfère à ma bible, l'ouvrage de Francis Hallé, Plaidoyer pour l'arbre (éd. Actes Sud, 2006), dont voici des extraits.

On retiendra que la croissance en hélice est un phénomène rare; le sens de rotation est aléatoire; l'Amandier est sans doute l'arbre européen qui est le plus souvent hélicoïdal. Les autres espèces: Frêne, Eucalyptus, Erable negundo, Cerisier, Arbre de Judée. Enfin, feuillus et résineux diffèrent dans leur réactivité. Par exemple, la spiralisation est extérieurement moins facile à déceler chez les résineux. Commençons par les feuillus.

L'hypothétique effet du vent: en agissant sur une branche plus longue qui ferait bras de levier, cela initierait la croissance en hélice. On est dans une logique mécanique, et on pense à une corde à 2 torons qui comprimés l'un contre l'autre dans le bon sens rendent la corde plus dense; au contraire, torsadés dans le "mauvais" sens, la corde devient molle et moins résistante. Mais en bien des endroits, un vent dominant entraine une forme "en drapeau" des arbres exposés, avec toutes les branches rabattues du même côté. De plus, en bien d'autres endroits tout à fait abrités de vent, les arbres présentent une croissance hélicoïdale.

La distribution des fluides est une autre hypothèse. Tant que l'arbre est jeune, ses racines et branches forment un ensemble équilibré et complet, et sa croissance rectiligne permet la distribution équitable de l'eau entre ses branches et des produits de la photosynthèse entre ses racines. A mesure que l'arbre veillit, la probabilité augmente pour qu'une  une racine superficielle ou qu'une branche maitresse se trouve affaiblie, puis tuée par la maladie:la croissance rectiligne n'est alors plus en mesure d'assurer une distribution équitable des fluides et celle-ci est rétablie par l'adoption de la croissance en hélice. Cela permettrait à l'arbre vieillissant de pallier aux aléas de l'existence.

Du côté des résineux, c'est l'exemple du Mélèze qui est le plus probant d'une composante environnementale du phénomène. La majorité des jeunes Mélèzes montrent une croissance en hélice vers la gauche (hélice en S) et plus rarement vers la droite (hélice en Z). Ces arbres montagnards auraient une spiralisation d'autant plus forte qu'ils poussent dans des conditions plus rudes, ce qui leur permettraient de mieux résister aux vents forts et aux surcharges de neige. Pins, Genévriers, Epicéas, ou Sapin de Douglas présentent le même comportement.



Mes illustrations: un Cyprès chauve (Taxodium distichum) aux Jardins Botaniques d'Edimbourg
et, nettement plus enthousiasmants, les Genévriers Thurifères (J. thurifera) de Saint-Crépin dans les Hautes-Alpes


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ECURUEILS, arboricoles et terrestres

Les écureuils des forêts se construisent, comme les oiseaux, un nid de branches à la fourche des arbres ou dans des cavités. Ils y dorment la nuit et s'y réfugient par mauvais temps. Ce sont surtout les mâles qui les construisent. Au moment de la naissance des petits, la femelle le tapisse d'écorces, de feuilles, de mousse, d'herbes sèches et de plumes pour qu'il soit tout doux. L'écureuil construit généralement plusieurs nids : un nid principal où naissent les jeunes et plusieurs nids secondaires.

Certains écureuils créent un réseau de galeries souterraines à plusieurs entrées qui leur servent de gîte. Les galeries ne comportent qu’une seule issue de secours, qu’ils empruntent en cas de danger immédiat. L’entrée de cette issue de secours est dégagée et descend en ligne droite à une profondeur d’au moins 0,6 mètre.

C'est un des rares mammifères entièrement diurne.